Après la première séparation de mon autre, j'ai plongé dans ma nuit noire de l'âme (articles 7-8). Pendant cette période qui a duré des mois, j'ai été traversée de façon incessante, par des pensées, des idées, des ressentis divers, des images, des chansons (..), en lien avec les événements que je vivais.
Dotée d'une pensée en arborescence, en tant qu'hypersensible, mon activité cérébrale a toujours été très riche. A cette époque-là, je canalisais naturellement, les mémoires sur lesquelles, je devais travailler. J'utilise ce terme de mémoires pour les résumer. Elle s'imposaient sans effort, à mon esprit. J'ai fini par ne plus me questionner, et j'acceptais ce va-et-vient permanent. Aurais-je pu faire autrement du reste ? Ce sont de longs mois durant lesquels, je me coupais du monde, un repli indispensable vers mon intériorité. Au-delà de mon impuissance, j'étais inondée d'une charge émotionnelle débordante, de ressentis exacerbés, d'émotions multiples, de larmes, d'incompréhension et de colère. Je me noyais dans le trop. Tel un ermite, je ne sortais que pour le travail et les provisions. Fort heureusement, je vivais la séparation d'avec mon autre, au mois de juin. Mes pensées récurrentes avaient loisir de s'épurer dans le jardin, avec pour plus fidèle ami, un sécateur entre les mains. Quitte à alchimiser, autant que ce soit en harmonie avec les plantes, accompagnée du chant des oiseaux. Douce dualité, je jouissais de la lumière du soleil, dans le monde de l'ombre.
Les visages de ma famille défilaient dans mon esprit. Je revisitais dans ma mémoire, les événements souffrants du passé. Par manque de confiance et de timidité, je n'avais pas osé broncher. La source me demandait de revivre le film de ma vie, en temps réel. Je ressentais l'émotion monter dans mon ventre ou dans ma gorge, je la laissais exister, à l'envi, comme une poussée d'âme, une mémoire incontournable. L'univers me demandait d'épurer complètement, ces reliquats. Je rugissais de colère ou d'impuissance, versant des larmes, parfois, tout à la fois. Dans ces instants, je ne me sentais pas libre, mais sous le joug d'une conscience plus profonde, qui m'intimait d'avancer et de me délivrer.
Aujourd'hui, je mesure l'épuration de mémoires transgénérationnelles, mais il y a quelques années, je n'avais pas encore acquis cette conscience. Chaque pièce du puzzle vient à point, selon le timing divin.
L🧿rence
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