7 | La nuit noire de l'âme 1

Publié le 3 février 2026 à 18:08

Quand mon autre m'a dit qu'il ne souhaitait pas continuer notre histoire, mon âme a littéralement chaviré. Il me semblait être assise sur un croissant de lune, seule dans les ténèbres, regardant impuissante, mon autre s'éloigner. Je ne voyais vraiment pas ce qu'il y avait de pire que ce ressenti-là.

Non pas, la peur d'être abandonnée, mais être abandonnée et en mourir de toute mon âme, meurtrie dans ma chair, dévorée par le feu intérieur. Le néant à l'intérieur, le néant à l'extérieur. Je baignais toute entière, dans une épaisse noirceur. Personne autour de moi, seule, face au vide et à mes interrogations. La sensation de n'être qu'un point infime dans la grandeur infinie de l'univers. Tous mes chakras s'étaient mis en alerte en même temps et, chancelaient comme un appel à l'aide. "Oh oh, il y a quelqu'un qui peut m'expliquer ce que je fais ici ?", le silence me répondait de manière trop forte, assourdissant. Il y avait moi, face à moi-même, dans toutes les directions. La sensation unique d'une douleur psychique effroyable. Le point zéro du psychisme où tout est figé.

Le jour deux et les vingt-huit autres qui ont suivi, j'étais une zombie. Je ne voyais que le sol quand je marchais. Je me suis mis en mode robot. J'ai feint la négociation avec mes idées noires, avec mon autre aussi. "Ok, tu as raison, c'est mieux comme ça". Sur le mode, feignons l'acceptation, il aura moins peur et il reviendra. Bien-sûr, compte là-dessus ! Bon, la négociation, ça ne marche pas, essayons la dissociation, "Quoi, mais tout va bien, en fait !". Toujours pas de retour ? ok. Un mois plus tard, je quitte le mode zombie, en découvrant un post sur Facebook. Plus loin je lis, la séparation, l'étape obligatoire chez les flammes jumelles. "C'est quoi ça, les flammes jumelles ?" me demandais-je ? Mon âme me répondit, "vas-y, renseigne-toi". Les fameuses poussées d'âme ! J'arrive à la maison, et j'ouvre Youtube. Des vidéos, des vidéos et encore des vidéos !  Faut vraiment que je comprenne. Plus je comprends et plus, je remplis mon vide intérieur. Mais le vide est incommensurable, et les clics deviennent addictifs. Je me transforme en dévoreuse de vidéos, le matin des vidéos, le soir des vidéos. Effectivement, ça a pu m'aider, croyant devenir folle ! Des lettres FJ partout, le pseudo de mon autre à l'arrière d'une voiture, son nom en lettres capitales sur les camions, ses initiales sur les plaques d'immatriculation, tantôt prénom-nom, tantôt nom-prénom. Mes yeux qui s'écarquillent, "dans quel monde, j'ai été téléportée ? C'est par où la sortie, s'il vous plaît ? Comment ça, ce lien est in-dé-fec-ti-ble ? Vous êtes vraiment sûrs ? Non, mais sérieux ? j'ai rien demandé ! Je vais quand même pas vivre avec cette douleur dans mes tripes toute ma vie, et continuer de chialer du matin au soir ?"

Vous voulez la vérité ? Oh oui, j'ai chialé pendant des jours et des jours, des semaines et des semaines, des fois, sans même savoir pourquoi. Une machine de guerre d'épuration. Et puis, ce manque ! "Putain, c'est quoi ce manque ? J'avais l'impression qu'on m'aspirait les entrailles de l'intérieur, au niveau du ventre. Oui, le vide venait du psychisme, et du ventre. Le manque de mon autre me rendait folle, et je me sentais comme aspirée de l'intérieur. Pas explicable autrement, une aspiration, un tournoiement et un malaise, doublés d'une douleur psychique très intense. Un véritable bonheur au quotidien, très pratique d'un point de vue social, quand il faut se confronter à la réalité professionnelle. A ce propos, je remercie mes collègues de m'avoir fait grâce du "T'as vraiment une sale mine en ce moment, tu es sûre que tu n'es pas malade ?", "Ben voyons, s'il faut en plus, être toute pimpante, soyons fous ! Je te rappelle que je suis sur mon coin de lune et que mon autre s'est barré au fin fond de l'univers, tu voudrais pas que sois fraîche en plus !" Je me souviens aussi de la tête de mon kiné, pourtant expérimenté, quand il m'a ramassé à la petite cuillère, "Je n'ai jamais vu ça, madame. Je ne sais pas ce qu'il vous est arrivé, mais j'ai jamais vu ça, tout est bloqué de haut en bas !", "Hum, rassurant mon kiné !" Pour faire simple, pas une parcelle du haut de mon corps n'avait été épargnée, des blocages énergétiques, encore et encore ! Des cervicaux, des dorsaux, des lombaires, le poids des traumas, peut-on entendre dans les vidéos de flammes jumelles. A ce train-là, je dois encore épurer, pour tout le transgénérationnel !

L🧿rence

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