Perception de l'enfant : Le monde me rejette quand j'exprime mon opinion
La capacité énergétique des Neuf se dissout dans leur "paresse" qui leur évite d'exister pour eux-mêmes et de prendre parti.
La paresse et l'indolence concernent l'intérieur de soi : s'oublier, renoncer à exister par soi-même. L'intention de la paresse est de demeurer éloigné de ses propres émotions, surtout de cette impulsion physique qu'est la colère.
A titre de substitution, ils acquièrent une conscience corporelle des humeurs des autres. Cette conscience peut être d'un tel niveau qu'ils ont la sensation de devenir l'autre, de fusionner avec lui.
Les Neuf peuvent dépasser cette paresse en acceptant de vivre leur colère, alors que la plupart du temps, ils estiment que :
"Cela n'en vaut pas la peine. Qui suis-je pour me mettre en colère contre ça, je ne suis même pas sûr d'être en colère."
De temps en temps, malgré tout, la colère éclate souvent trop fort et au mauvais moment : "Je ne suis pas sûr de la raison, mais je suis en colère et je sais que tu y es pour quelque chose."
S'ils se sentent poussés à devoir prendre position, la colère monte et ils peuvent s'en désengager en blâmant quelqu'un d'autre de les y avoir poussés : "ça ressemble à conduire avec les deux pieds au plancher : un sur l'accélérateur et l'autre sur le frein. C'est très frustrant. D'un côté, cette rage intérieure existe, et de l'autre, je ne peux pas l'exprimer. Souvent, je ne la sens même pas, mais les autres la perçoivent et me demandent si je suis en colère, et c'est quelque chose comme : "Non, mais ça pourrait venir si tu continues à me poser la question."
Quand ils prennent conscience qu'ils s'oublient eux-mêmes la plupart du temps, quand ils commencent à chercher qui ils sont vraiment, au-delà d'être un "écho et un miroir des autres", les Neuf tombent dans cette non-activité qu'est la paresse.
L'inertie fait également partie de la préoccupation mentale de l'indolence. C'est une forme de négligence de soi dans laquelle les Neuf ne parviennent pas à agir en fonction de leur choix, incapables de hiérarchiser leurs priorité. Les neuf racontent souvent qu'ils n'ont pas prévu d'être là où ils en sont dans leur vie et que "les choses se sont passées comme ça."
"J'ai besoin d'une structure pour rester sur les rails. Généralement, cette structure m'est apportée par quelqu'un d'autre parce que, même pour un engagement de plusieurs années, j'ai du mal à choisir. La tentation consiste à trouver une structure appropriée et de faire avec."
Toujours dans cette lignée de l'indolence, ils ont souvent "la tête ailleurs". Ils sont en effet désireux de mettre leur attention sur plusieurs sujets en même temps : "Tiens, ce monsieur a l'air malade, tiens, cette dame a l'air songeur.." et ce que les autres pensent et se disent se mêle avec leurs propres pensées dans un capharnaüm d'idées et de sensations. Alors, plutôt que de poser volontairement leur attention sur un sujet, ils préfèrent laisser gambader leur mental afin de s'oublier eux-mêmes.
Les Neuf évitent le plus souvent de reconnaître leur indolence et coupent ainsi le courant de leur énorme énergie physique qui risquerait de les renverser. Ils "s'anesthésient", c'est-à-dire qu'ils se plongent dans toutes sortes d'activité répétitives ou secondaires, qu'il s'agisse de lecture ou de jeux informatiques, comme de "n'importe quel truc qui va m'aider à compenser la souffrance de l'oubli."
Extrait du livre, L'énnéagramme, d'Eric Salmon
L🧿rence
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